Du 18 au 20 août dernier avait lieu à Montréal, le Omnivore World Tour, un événement culinaire dédié à mettre en lumières les jeunes chefs de cuisine tant montréalais que du reste du monde. Au programme, des démonstrations culinaires, des "maudits soupers" dans plusieurs restaurants montréalais avec des chefs invités ainsi qu’un gros party, le Omnivorious Party qui rassembla près de 1000 personnes et 10 chefs mobilisés pour la soirée.
Que retenir de l’événement ? Un résumé en 3 points
1) La tendance localvore se confirme en cuisine
Vous l’aurez deviné un "localvore" est quelqu’un qui mange local. Nous en avons beaucoup parlé à Restonomy notamment dans nos articles consacrés au restaurant Noma de René Redzepi ou récemment dans celui sur le restaurant D.O.M d’Alex Atala. Au cours d’Omnivore, les chefs, peu importe leur pays d’origine, ont utilisé quasi exclusivement des produits locaux (du marché Jean-Talon !) dans leurs démonstrations.
Marc-André Leclerc de Grumman 78 mettait, par exemple, en avant le maïs québécois dans sa démonstration, Grégory Marchand (Frenchie – Paris) les tomates cerises du Québec, Petter Nilsson(La Gazzetta – Paris) le celerie, les fraises vertes et les bettes à cardes. Comme le disait Jérôme Bigot du restaurant les Grès à Lindry (France), "on n’ a pas besoin d’aller loin pour bien manger". Certains chefs ont même découvert à Montréal des nouveaux produits à cuisiner comme les Frères Folmer (Couvert couvert, Belgique) et la salsepareille, une plante qui produit des fruits rouges semblables à des groseilles.
Qui dit manger local dit aussi boire local, c’est ce qu’est venu nous présenter le caviste Cyrl Kérébel de la QV (laqv.ca). Ce Rennais a créé une maison d’importation de vins qui met à l’honneur les vins nature. Ce dernier nous a d’ailleurs recommandé un vin nature québécois (le premier) que je vous recommande : un Seyval-Chardonnay 2011 du domaine les Pervenches près de Farnham.
2) Tiens, voilà du boudin…
Un élément marquant du Omnivore World Tour a été l’omniprésence de la charcuterie ! On le sait depuis quelque temps à Montréal, la charcuterie est de retour en force et beaucoup de restaurateurs commencent à faire leur propre charcuterie. À Omnivore, ça n’a pas raté : Samuel Pinard de la Salle à Manger nous a ainsi ramené un demi-cochon sur scène pour faire de la charcuterie, tandis que Martin Juneau (Pastaga – Montréal), John Horne (Canoe-Toronto) et Marc Cohen (Lawrence-Montreal)préparèrent chacun leur tour du boudin !
3) Les chefs montréalais vs le reste du monde : Verdict ?
Cet événement fut aussi l’occasion de voir ce que les chefs montréalais valaient à l’échelle mondiale en se mesurant indirectement à des chefs venus d’Europe. Le moins que l’on puisse dire est que ces derniers n’ont pas manqué l’occasion de montrer (apparemment, il le faut…) que leur cuisine était tout aussi créative, gastronomique et raffinée.
Quand on voit ce que Martin Juneau, Derek Damman (Maison Publique – Montréal) Patrice Demers (Les 400 coups), ou encore Stéphanie Labelle (Pâtisserie La Rhubarbe) nous ont préparé sur scène, on ne peut que s’étonner de la faible reconnaissance à l’échelle internationale de la cuisine montréalaise : tant au niveau gastro qu’au niveau du comfort food (Grumman 78, Nouveau Palais et les foodtrucks) Omnivore World Tour Montréal a positionné la ville comme étant une capitale gastronomique internationale.
Oui, il reste encore beaucoup à faire pour développer la cuisine à Montréal mais de là à sous-estimer la cuisine montréalaise, non.
J’attends avec impatience le jour où le Guide Michelin, le Gault-Millau ou encore le classement des meilleurs restaurants du monde du Restaurant Magazine intégrera un restaurant montréalais. Dans ce monde, c’est ce que ça prend pour être "tendance"…
Jusque-là, voici un résumé en photos du Omnivore World Tour Montréal 2012: